Yannick Guillodo, Le sport de haut niveau (JO) et les effets bénéfiques de l’activité physique sur la santé

6 février 2025

Yannick Guillodo est un médecin du sport reconnu pour sa prestigieuse carrière notamment en tant que médecin du Stade Brestois dans les années 1990, médecin de l’équipe du Cameroun durant la Coupe d’Afrique des nations et de la coupe du monde de 2010 ou encore de la Mauritanie au la coupe d’Afrique des nations… Récemment, il a participé au Jeux olympiques de Paris 2024 en tant que Médecin Manager Sportif MMS. Ce jeudi 30 janvier, il est intervenu dans l’établissement scolaire de Saint-Gabriel auprès de lycéens de première et terminale qui font partis de la spécialité EPPCS. Il est revenu sur son expérience et à aborder différents thèmes gravitant autour du sport.

D’abord il a évoqué la très bonne ambiance présente sur les 2 mois de compétition au Grand Palais avec l’escrime et la qualité des installations dont il disposait. Expérience durant laquelle il était responsable du service médical (médecins Kinés infirmiers tous bénévoles)auprès des athlètes il a dû prendre des décisions rapides pour ne pas affecter le spectacle sportif mais tout en respectant la santé des athlètes. Yannick Guillodot à ici relaté qu’il a été accusé de favoriser la France lors d’un match contre la Chine, car il a déclaré qu’un concurrent Chinois ne pouvait plus continuer la compétition suite à choc à la tête. En s’appuyant sur  cette situation, il a pu illustrer la différence entre un diagnostic qui doit être pris en une minute à chaud avec des conséquences qui peuvent en découler, et le diagnostic le lendemain à froid dans un cabinet.

Il a également expliqué aux élèves d’EPPCS les nuances à apporter autour du dopage dans le sport de haut niveau. En effet, il à démontrer que l’amélioration des performances grâce à des produits dopant tel que L’EPO était facilement dissimulable si il s’agissait d’une épreuve d’un jour, type marathon. Cependant, sur une épreuve plus longue, tel que le Tour de France en cyclisme, il est impossible de dissimuler les traces d’un produit dopant sur 3 semaines. Il a également détaillé les méthodes qui permettent de doper un athlète sans se faire prendre sur une épreuve d’une journée.

Il a ensuite abordé le thème crucial de la sédentarité dans les sociétés de nos jours. Il est d’ailleurs l’auteur du livre : « le smartphone tue » pour illustrer ses propos, il relate son expérience avec deux équipes de foot. En 2010, il accompagne l’équipe du Cameroun lors de la Coupe d’Afrique des Nations, il se souvient avoir côtoyé des sportifs de haut niveau non sédentaire qui en dehors des deux entraînements quotidiens partageaient des moments de convivialité autour d’activités physiques telles que des fléchettes ou des ballades dans le parc … Neuf ans plus tard lors de la coupe d’Afrique des nations, il côtoie l’équipe de Namibie elle aussi de haut niveau du fait de leur deux entraînements quotidiens, mais tout de même sédentaire car le temps des joueurs en dehors des entraînements se déroule sur leur lit scotchés sur leur téléphone ( au moins 3 par joueurs). Il faut retenir que santé rime avec régularité, il vaut mieux faire une marche de 30’ par jour que 3 activités physiques de 2h 3 fois par semaine.  Le médecin Yannick Guillodot alarme les élèves présents sur les dangers de la sédentarité. Le constat le plus alarmant est l’âge auquel les patients déclarent le diabète de type 2 et d’autres maladie chroniques, dans les années 80 généralement celui-ci se déclarait entre 50 et 60 ans ( 25 ans d’espérance de vie)  depuis peu les patients qui consultent pour ce genre de maladie ont très fréquemment 25 ou 30 ans et les remèdes n’ont pas évolués !!

En effet, ce même thème revient au moment d’aborder la question de la nutrition. Il met en garde sur la « désinformation nutritionnel » orchestré par les lobby alimentaires. D’après ces mots « toutes les pubs qui nous incitent à bouffer son ce qu’il ne faut pas bouffer ». Pour lui un peu de tout type d’aliment est la clé pour ne manquer de rien. En effet, même s’ il faut éviter les aliments trop sucrés, salés et gras cela n’empêche pas des écarts qui interviennent peu fréquemment. D’après lui, la société est en danger et les prévisions en ce qui concerne l’obésité en 2030 sont plus que alarmantes. Il utilise une méthaphore animale en expliquant que l’être humain à empêcher aux animaux de rester enfermés dans des cages car cela créait des « gros tigres obèses ». Mais nous même humains nous ne sommes pas capable de nous rendre compte des cages que l’on se crée ( temps d’écran ). Il évoque ici le fléau des réseaux sociaux qui disposent de développeur qui crée des moyens de « Hacker le cerveau » pour que l’on consomme une heure de plus. Il rappelle que le but de ces grandes entreprises est de faire de l’argent et non pas la santé des gens.

Enfin, il a abordé le thème de la traumatologie dans le sport. Sur ce point, il a insisté sur la différence entre une entorse à 13 ans, à 23 ans et à 43 ans. Ici encore il utilise une métaphore. Il compare les os à un bateau et un ponton, et les ligaments aux cordes qui relient les os. Yannick Guillodot explique que à 13 ans et 43 ans l’entorse va affecter les os, tandis que à 23 ce sont les cordes qui vont lâcher, à savoir les ligaments. Les blessures dépendent donc du développement de l’individu.

Cette conférence s’est conclue par une photo collective avec tous les élèves qui ont  apprécié cette intervention très enrichissante.

Loris Percelay, élève à Saint-Gabriel Pont L’abbé